jeudi 21 octobre 2010

LE NID ET SON FARDEAU, roman de Issa KANE, Silli Demba


Wal Fadjri (Dakar)
Issa Kane publie « le Nid et son fardeau » : Viatique pour élites en déroute.
Théodora Sy
17 Juin 2008
Issa Kane est de ceux qui se dressent contre l'intelligentsia laudatrice et friande de confort. Son premier roman, publié aux Editions de la Brousse, s'intitule Le nid et son fardeau. Dans le fond, il savait bien ce qu'il écrirait un jour, Issa Kane, mais son ouvrage, il aura mis plus de 20 ans à le construire. Ligne après ligne, un mot à la suite de l'autre, il le tenait enfin son roman, Le nid et son fardeau paru aux Editions de la Brousse.
Dans la matinée du 14 juin, son ouvrage se glissait dans le cercle des récentes parutions et se dévoilait à ses nouveaux lecteurs. Autour de l'écrivain, un public essentiellement composé de parents et amis, de collaborateurs aussi. Cadre d'une cérémonie assez intime, la Maison de la culture Douta Seck.

Issa Kane publie le Nid et son fardeau : Viatique pour élites en déroute.
Issa Kane est de ceux qui se dressent contre l’intelligentsia laudatrice et friande de confort.
Son premier roman, publié aux Editions de la Brousse, s’intitule « Le nid et son fardeau ».

Dans le fond, il savait bien ce qu’il écrirait un jour, Issa Kane, mais son ouvrage, il aura mis plus de 20 ans à le construire. Ligne après ligne, un mot à la suite de l’autre, il le tenait enfin son roman, Le nid et son fardeau paru aux Editions de la Brousse. Dans la matinée du 14 juin, son ouvrage se glissait dans le cercle des récentes parutions et se dévoilait à ses nouveaux lecteurs. Autour de l’écrivain, un public essentiellement composé de parents et amis, de collaborateurs aussi. Cadre d’une cérémonie assez intime, la Maison de la culture Douta Seck.  

Entre Le nid et son fardeau, il y a toute une histoire, celle d’une amitié vieille de plusieurs générations, et le lecteur s’y promène en pays Fouta. Là, chacun de ses pas le mène à la rencontre d’une société traditionnelle assez complexe avec ses mille et un visages, entre ‘interdits, totems et tabous’. La confidence est de Baytir Kâ, un lecteur pas comme les autres : le professeur de français qu’il est a relu et corrigé une à une les pages du livre. Un ouvrage d’une ‘structure tout à fait particulière, sans schéma linéaire’. L’on y trouve encore quelque chose d’aussi ambigu qu’entre un socle culturel, nid douillet où reposent ceux qui craignent de s’égarer, et le pesant d’une tradition, son fardeau.
 
Au-delà d’une distinction terminologique, c’est à l’Intelligentsia que s’adresse l’ouvrage d’Issa Kane, à ceux qui ont sacrifié principes et valeurs à de vils intérêts mondains. Le nid et son fardeau se destine à ceux de la classe intellectuelle ‘qui ont démissionné et s’écartent de la mission qui leur est dévolue’. Loin de leur faire un procès, c’est à leur conscience que les ramène l’auteur, une manière de leur dire ‘Souvenez-vous !’ Dans leur marche vers l’ascension sociale, les élites dont parle Issa Kane sont comme ceux qui marcheraient sur des cadavres. La ‘recherche de strapontins’ et autres promotions, voilà ce qui justifie de leur part d’inavouables comportements. Pour plaire au Prince, l’on est prêt à tout, au mépris des grands idéaux, ‘au grand dam des populations’. Dans la bouche de l’écrivain, un arrière-goût de comédie ‘fade et désagréable’. Ceux des intellectuels qui se donnent en spectacle sont aussi ceux qui prostituent leur destinée : ’Ils obscurcissent et abâtardissent les consciences’.
Issa Kane a aussi choisi ce moment pour se souvenir des intellectuels qui n’ont pas failli, de ceux qui, comme Aimé Césaire, ont su accomplir leur ‘mission d’avant-gardiste’.  

Son œuvre voit le jour dans les années 80 et, au fil du temps, s’enrichit de situations nouvelles, sans jamais s’écarter de ce que l’auteur a conçu. Elle habite alors l’esprit d’un homme qui se passionna pour l’écriture au lycée déjà, écrivant pour lui-même ou pour imiter Birago et David Diop, entre autres. Ces premières lignes, il les écrira sans avoir jamais vraiment pris au sérieux son talent, se souviendra un ami.

Dans quatre mois, une autre œuvre est prévue : une pièce de théâtre cette fois, sorte de suite logique au roman. C’est là en effet qu’Issa Kane fera jouer ses élites : ’Je les habille, je leur fais porter des costumes qui leur vont bien. Ce sont des pitres et il y a des costumes taillés pour les pitres et les clowns’./  

Visitez ce lien : 
http://books.google.sn/books?id=8bhlNmDs5j4C&lpg=PP1&ots=VJMc0_R_0Z&dq=%22pontes%20nocturnes%22%20de%20issa%20kane&pg=PP1#v=onepage&q&f=false

LOESS NOIR


Hommage à Léopold Sédar Senghor

LOESS NOIR

Ethiopiques numéros 37-38
Revue trimestrielle de culture négro-africaine
Nouvelle série 2eme et 3ème trimestres 1984 volume II n° 2-3

Auteur : Issa KANE

Le voilà VENIR comme Don Rodrigue triomphal
Colportant, béni, les épées maures
Le voilà ARRIVER comme une pluie qui a longtemps
dans les cieux sommeillé et se réveille
Le voilà ENTRANT comme Lat Dior dans la cour où
mille hommes baissent la tête et lèvent les sabres
Le voilà SALUE comme une oasis que l’on avait cru
à jamais infranchissable après maints coups d’éperon vains
Le voilà S’ASSEYANT, c’est le trône de celui qui ne
Voyagera plus dès lors que l’esprit illumine l’esprit.
Le voilà PARLANT, la langue est déliée, cette langue
tant prisée qui ne languira plus.

Moi Foutanké, celui qui t’a fait traverser au galop
Le Ferlo, le Djoloff, le Baol vient en
Cette nuit noire où ne scintille
Que l’épée du Chevalier forgée à la minute par
Hephaistos le Grec, chercher le mot, le verbe.
J’ai peur que ne pleure le poète, le lœss noir
pour avoir parcouru ce pacte que veut sceller
le "poétillon" amoureusement éperdu du père.
Dieu ! Que je sois pardonné si j’ai offensé !
Que ne s’éteigne la flamme cinquantenaire, Sédar

De Joal au Quai Conti, du Sine à la Seine
Je dirai seulement... Heu !
Tu es allé à la faveur d’une nuit sinoise
Et seule était au parfum de ta fugue
Cette femme noire qui chante dans l’ombre -
Comme tu es polygame : les ancêtres le veulent,
Je veux visiter la deuxième case
Convie-moi chez vous que je vois de quoi sont
enduits vos murs. De lettres ? C’est possible

Thucydide, Khaldoun en avaient repeint
leurs logis qui accueillent éternels, les enfants
de Tomboctou, de Sangomar, de Guédiawaye aussi
 
Mais la France est mortelle, ces briques sont terre
la pluie tombera et la terre sera terre et
vous serez sous les décombres, vous serez sous la France
qui était de ces briques effondrées.
Vous resterez ? Vous vivrez ?

Te voilà LOUE. C’est un Seigneur, il vient habiter.
Déroulez les tapis, battez les SABAR
Sortez les cornemuses, secouez les balafons
que sonnent les clairons de bienvenue ;
Partagez la cola de l’hospitalité
Buvez le lait de la calebasse des courtoisies
C’est le fils de Shango
C’est l’enfant de Mykérinos
C’est le neveu de Rôg Seen -
Que ne s’éteigne la flamme cinquantenaire, Sédar !
Tu ne peux être le cauchemar des nuits de fièvre
Tu es le rêve venu à bout de l’insomnie
Ecoutez la voix noire, les voix blanches,
Non ! La voix noire et les blanches voix qui
en chœur vont scander l’Hymne de l’Universel-
La voix de FAURE !
Et j’entends les pulsions de mon cœur aimant.
Maman, Faure n’est pas Kouyaté, petit frère
Faure n’est non plus pas Diabaté - l’albinos
Il chante seulement le guerrier qui va lutter
contre le temps, qui sûrement va le terrasser
Mais qui ne lui plantera pas son couteau.
Lutte simple !

Ce matin encore c’est la palabre des cultures, mais...
Tu don-ne-ras Sédar ! Léo-pold tu re-ce-vras !
Une voix ferme dans le ciel
Ha ! j’ai reçu Maguilen, Léopold je te donne l’épée Sédar.
Dans la nuit, comme... un repentir.
Reviens, tu passeras sous la haie populaire que
Woury du bord du fleuve, Alenzo des rizières du Sud
Fanta, diali de Kidira : Ngor le champion des arènes
ont édifié en ce jour de fête fastueuse.
Que ne s’éteigne la flamme cinquantenaire, Sédar.
Que ne pleure de si vite les champs d’arachides,
les plantations d’hévéa, les bananeraies...
Ce lœss si vital.

Gorée, Avril 1984

C'était à "Douta SECK"


Roman "LE NID ET SON FARDEAU"
Issa KANE, Silli Demba

Cérémonie de dédicaces :
Communication

         Nous voici, réunis autour de ce foyer, comme le dirait l’autre, ardent, dans cette demeure dont le nom du Grand Maître illumine les façades, irradie les murs intérieurs et embaume plus que toutes ces belles fleurs, cette  maison, porteuse d’une page de l’Histoire de la République.
         Combien de fois les planches du monde ont craquelé, se sont fendillées sous le poids de sa voix de stentor. Monsieur Douta SECK ! Lui qui a su  faire applaudir à désarticuler les poignets des mains l’arrogance, la démesure et la provocation nègres face aux descendants des anciens maîtres, sous son manteau du Roi Christophe de Césaire, de feu l’aimé.
         Nous voici donc, réunis dans la Maison de la Culture Douta Seck pour parler de notre enfant, en gésine, plus de vingt ans durant, qui naît entre les bras de vous, amis, parents, collègues, bienveillants voisins, distingués passionnés du Livre et de la lecture.
         Le bonheur est grand ! Il est extase devant ce monde qui, est-il nécessaire de le répéter, est mien. Issa KANE, à l’Etat Civil ; Sully Prud’Homme, pour les oncles et Silli Demba pour les grand-mères ; aujourd’hui Issa KANE dit Silli Demba, signataire du roman : « Le nid et son fardeau ».
         Le nid, Silli et les « Éditions de la brousse », l’harmonie est toute trouvée pour qui sait déchiffrer.
         Mais que dire à ces hommes et femmes qu’ils ne sachent comme témoins de notre trajectoire dont les oscillations troubleraient la sérénité et la science du cardiologue ? À ces femmes et hommes, comme sommités transfrontalières, acceptées et respectés ?
1.         je vous salue M ……  ……………………….
2.       je vous salue M ……  ……………………….
3.       je vous salue M ……  ……………………….
4.       je vous salue M ...….  ……………………….
5.       je vous salue M ……  ……………………….
         Je te salue mon cher Karamokho NDIAYE, au-delà de ta personne, toute l’Equipe des « Editions de la brousse ».
         Je te salue mon cher Babacar Samb DIENE (Babs) pour ton apport inestimable en habillant le roman de sa superbe couverture. Merci Grand Maître ! Merci Professeur !
         Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, nos chers invités ! Merci pour cette présence qui honore, qui élève, qui fortifie !
         Nous l’avons dit et écrit, pour notre personne, cette œuvre est juste un canal de communication, bon pour parler de notre milieu, de notre époque, bref du monde.
         C’est maintenant et maintenant seulement que nous venons de nous approprier le mot de J.P. Sartre, parce que nous venons juste de le comprendre : je cite « l’écrivain est en situation dans son époque. Chaque parole a des retentissements, chaque silence aussi » fin de citation
         A l’évidence, nous n’avons pas pris le tam-tam pour nous faire entendre en rédigeant le premier paragraphe de ce livre ; nous ne nous sommes pas, non plus refugiés dans un cimentière pour ne pas voir ou entendre l’allègre déferlement de la bêtise humaine, en notre société. Nous sommes restés dans notre milieu, nous mouvant en lui, à la rencontre d’hommes et de femmes que rien nous sépare, ni le soleil qui fait suer abondamment, ni la profondeur d’une nuit qui distille le balancement des feuillages, non loin, dans le bois.
         C’est notre condition d’être humain, dans une société d’humains, à qui il est demandé, exigé un comportement qui l’élève, qui le conduise dans une perpétuelle ascension vers des valeurs que rien ne peut, ne doit tarer, éroder, mutiler, oxyder ou enfouir.
         Ce comportement, face au temps, il ne peut vieillir. Face à la communion ou au dialogue des cultures, il doit garder toute sa robustesse, soit pour embrasser fortement le livreur d’apports fécondants, soit pour étrangler à mort l’envahisseur colportant ses rebuts culturels.
         En vérité, nous avons plus parlé à nos élites comme modèle de l’humain, dans la perspective de s’élever, de se grandir (intellectuels, religieux, économiques, politiques) puisque ces hommes et ces femmes sont des nôtres, sont les nôtres. 
         Vous le saviez, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Elite est un substantif de genre féminin, dérivé de l’ancien français eslite (du latin eligere, qui donnera élu).
         Vous le saviez encore, étymologiquement, le terme se rattache à l’idée d’élection, non au sens du suffrage mais à celui de l’approbation par autrui de la place détenue par quelqu’un dans la société. Comprenons que l’élite, c’est la fleur d’une société. De même que la fleur se dresse sur sa tige, l’élite entend dépasser le niveau du sol.
         Naturellement, vous le saviez, à l’origine, le statut d’élite n’est pas accordé par la détention du pouvoir, mais plutôt par l’autorité morale. C’est d’ailleurs pourquoi, le terme est employé au singulier. De nos jours, il est plus courant d’évoquer les élites, le pluriel donnant une connotation négative. Ainsi, parlant des élites, ce n’est plus la qualité de l’être qui est concernée mais la domination d’une catégorie sociale sur les autres.
         A n’en pas douter, vous avez compris que le roman commence par la mort. Une mort non pas physique, mais celle d’une élite, Baila son représentant ou l’un des représentants. S’il a réussi la mission que  lui avait confiée sa communauté, au grand bonheur de celle-ci, c’est, à n’en pas douter, du fait de l’héritage culturel qu’il a reçu.
         « Le monde s’effondre » avait dit Chinua ACHEBE, face à la transformation de l’environnement d’Okwonko. L’homme n’avait pas pu faire face aux occupants et à ses frères corrompus, les renégats, dirait-il. Okwonko finit par se donner la mort. Une élite s’en alla donc, une autre de trôner en lieu et place pour refaire ce monde, conformément aux exigences … du progrès.
         Assurément, nous ne pensons point à ce format. Nous voulons, plutôt, vous confier nos craintes, nos frayeurs quant à cette élite qui, plutôt d’être « la fleur d’une société », travaille chaque jour, inlassablement, subtilement, honteusement à être la racine de manioc de sa société.
         « L’Afrique noire est mal partie » avait averti une élite d’un autre continent, René DUMONT;  « Et si l’Afrique refusait le développement ? », se demandait, angoissée, déçue Axelle KABOU, une autre élite, celle-là, native de notre continent. Point d’énigmes, de devinettes, « des chiffres et des lettres », de proverbes ! Tous les deux et d’autres encore désignaient les élites, au premier chef, l’intelligentsia. Une intelligentsia laudatrice, friande de confort, cupide, gloutonne, à genoux, reniant même ses enviables performances pour ne consacrer ses recherches qu’aux stratégies de réalisation de sa prompte promotion.
         Karel APPEL du groupe d’artistes expressionnistes Cobra*, disait : je cite « après le coucher du soleil, les hommes de lettres, des arts et des sciences, cette élite, constitue la plus belle créature, en ce monde. Il lui est, bien entendu, refusé de parler pour louer la Reine, de peindre pour plaire au Prince et d’inventer pour donner la puissance au Roi. Ils parlent, peignent et inventent pour des hommes qu’ils ne connaîtront jamais » fin de citation.
         Concernant l’écrivain, nous faisons nôtre, le mot d’Eugène IONESCO : je cite « l’écrivain pose des problèmes. C’est le message qu’il doit décemment délivrer. Il est évident que je préfère l’écrivain qui pose des problèmes à celui qui propose des solutions » fin de citation. Nous avons, certes, posé des problèmes mais de la connaissance que nous avons de nos maigres connaissances, humblement, nous nous sommes défendus de nous positionner, à fortiori de proposer des solutions.
         Bien évidemment, les problèmes sont là, omniprésents, multiples. Gardons-nous de payer des honoraires à des sociologues et anthropologues pour nous décrire nos problèmes, nos misères. Quel gâchis ! Quand on voit, dit-on, on n’imagine plus. Les problèmes, nous les connaissons. Ils sont, souvent, le fait des populations ; souvent aussi, le fardeau que les élites font porter à ces mêmes populations (rappelons-nous du dialogue Faye-Diéry). Nous n’occultons pas, bien entendu, les rigueurs de l’environnement socioéconomique international. L’introspection commande que nous fassions la lecture, l’analyse de cet environnement international quand nous aurons fini de creuser des abysses dans lesquelles nous voulons plonger.
         Que l’on nous comprenne bien ! Nous ne faisons point le procès des élites. Nous voulons juste leur dire ceci : « bâtissez vos châteaux en Espagne, dormez-y dans le grand confort. Au réveil, reprenez l’avion pour prendre votre café dans le meilleur salon de Dakar, lisez-y "Le Figaro", "Le Monde", "The Financial". Surtout et jamais, ne construisez une muraille entre les sangsues (comme le dit Diéry) qui vous ont élevées, promues,  élues et vos bienveillantes personnes ».
         Nous voulions parler des langues maternelles, les défendre comme Madame Ségolène ROYAL avec ses langues régionales. Heureusement que le temps nous est compté pour débiter nos élucubrations, nos délires !!! Nous vous renvoyons, donc, à de grands hommes et grandes dames de notre pays qui sont réputés être de grands défenseurs de ce qui ferait notre fierté au « Rendez-vous du donner et du recevoir », à moins que notre projet d’immigration avec un certain Ministère de l’Identité nationale ne nous amène à être étrangers chez nous pour préparer notre prochaine intégration … chez autrui.
         Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, nous avons, aussi, implanté le cousinage à plaisanterie, à foison, dans notre œuvre : intrafamiliale, interethnique, intraethnique. C’est le seul élément de culture qu’il faudra laisser à la postérité si, par damnation, par malheur, nous nous décidions à devenir comme une certaine génération de la période coloniale, des « évolués » ou des « assimilés ». Dommage, nous voulons aller de l’avant ! Abdoulaye SADJI nous a, longuement, instruits avec « Nini ou la mulâtresse », il y’a longtemps,  très longtemps !!!

         Et maintenant quel sort avons-nous réservé au couple Moussa Samba – Maïram Polèle (Marie Pauline) ? Question récurrente ! Nous retiendrons seulement qu’ils se sont donnés Rendez-vous le lendemain, pour traiter de la question. Nous aussi, attendons demain, un lendemain porteur, juste, de sérénité au réveil pour aller à l’écoute de leur huis clos. Aujourd’hui, avec le fardeau que nous portons en notre nid, les obligations de performances de l’Entreprise et la recherche de solutions à nos quotidiennes entreprises, nous ne trouvons point de temps pour suivre et restituer cette palabre conjugale.  
         Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, n’est-ce pas André GIDE qui disait : je cite « jette mon livre ; dis-toi bien que ce n’est qu’une des mille postures face à la vie, trouve la tienne » fin de citation. Nous ajoutons la réflexion simple et pertinente du célèbre critique Jean Pierre RICHARD : je cite encore « chaque lecture n’est jamais qu’un parcours possible et d’autres chemins restent toujours ouverts » fin de citation.
         Ceci pour vous dire que nous avons compris vos interpellations, vos questionnements. Nous ne pouvions donner que ce que nous avons eu de la nature et récolté de notre culture de haricots destinée à la consommation exclusive des « Bâ, Sow, Sall ». Convenons avec VOLTAIRE je cite toujours « les livres les plus utiles sont ceux dont les lecteurs font eux-mêmes la moitié » fin de citation. N’est-ce pas, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, une autre vérité !
         Pour terminer en pareille circonstance, il n’y a que la conclusion d’un devoir de rédaction d’un élève de l’Elémentaire qui traduise, à suffisance, la sincérité d’un vécu et la beauté d’une situation. Nous disons donc : « Ah ! Quel beau jour ! Si tous les jours pouvaient être toujours aussi beaux ! Ah ! Quel plaisir de revoir tous les jours ceux qu’on aime voir  toujours ! ». Folle manière de terminer, mais c’est ainsi ! Fatigué, épuisé, c’est tout ce que notre inspiration torturée a pu produire après avoir porté plus de vingt ans ce fardeau dans notre tête.
-         je vous remercie M………………………………….
-         je vous remercie chers invités.
RV est pris dans quatre mois, avec la publication de « Pontes nocturnes », confiée cette fois à une maison d’édition française ! Au nom des liens séculaires d’amitié et de fraternité qui unissent nos deux peuples, comme nous le disent les bienveillants officiels.


* Après la Seconde Guerre mondiale, en réaction à l’abstraction ordonnée et métaphysique de Mondrian et du mouvement De Stijl, l’expressionnisme resurgit, plus informel, avec le groupe Cobra. Acronyme formé à partir de ses principaux foyers d’influence (Copenhague, Bruxelles et Amsterdam), Cobra est un groupe d’artistes expressionnistes hostiles à la tradition et aux critères conventionnels de beauté et d’harmonie dans l’art, et prônant le travail en commun. Parmi les fondateurs du mouvement, citons Cornelis Van Beverloo (dit Corneille), Constant Nieuwenhuys (Constant) et Karel Appel. Leur revue, Cobra, paraît entre mars 1949 et septembre 1951.